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Au cœur du débat

“Le Peuple d’abord” peine à prendre forme et corps”, constate Me Claude Baziluka (Tribune)

Le bilan des 100 jours du gouvernement des warriors conduit par Sama Lukonde continue de susciter des interrogations et d’alimenter moult commentaires.

Ce bilan sera, selon Me Claude Baziluka, le premier obstacle pour la reellection du président de la République si élections en 2023 et si le processus électoral est transparent et démocratique.

Pour cet avocat du barreau métropolitain de la Gombe domicilié en France, “le budget national est l’instrument légal par excellence qui permet de déceler les intentions et les projets d’un pouvoir, et non les discours, les promesses et slogans.”

C’est la boussole qui conduit les politiques publiques d’un pouvoir pour la réalisation des projets et objectifs.

Deux budgets ont été adoptés depuis l’arrivée du pouvoir actuel pour les exercices 2000 et 2021.

C’est le troisième budget qui est exécuté, celui de 2019 ayant été adopté avant son élection et exécuté sans modification en cours d’exécution suite à un collectif budgétaire.

Quelles sont les grandes tendances qui se dégagent de l’exécution de ces trois budgets nationaux dans un pays où le peuple d’abord et les préoccupations de la population devraient être la priorité ? S’interroge Me Claude Baziluka. Et de répondre :

1. Sur le volet salarial et social des fonctionnaires et agents de l’Etat,

Le pays n’a connu, malgré la multitude de discours et slogan “le peuple d’abord”, aucune amélioration sur le volet salarial et social des fonctionnaires et agents de l’Etat, constate cet analyste politique.

L’ huissier, l’agent le moins gradé de l’administration publique, touche moins de l’équivalent de 150 dollars alors les SG, les plus gradés de l’administration publique, moins nombreux d’ailleurs, toucheraient entre l’équivalent de 1.000 dollars et 2.000 dollars.

Au même moment, l’on apprend que l’ex président de la République, le sénateur à vie, TOUCHERAIT des sommes astronomiques (615.000$/mois) ce qui équivaut, sauf erreur, au 1/3 de ce que gagnerait également l’actuel président de la République.

Quelle tension salariale, quel paradoxe, quel cynisme dans un pays où la philosophie politique est ‘ le peuple d’abord ‘, dans un pays où ‘ le salut du peuple est la loi suppreme ‘ ?

Quel est le pouvoir d’achat de la rémunération versée aux fonctionnaires et agents de l’état en général, militaires, policiers, enseignants, professeurs, personnels administratifs des hôpitaux, des écoles , universités ? Autant de questions qui embarrassent Claude Baziluka.

2. *Sur le volet dépenses d’investissement,*

Moins de 2 % du budget national ont été consacrés aux dépenses d’investissement, selon le Rapport de la reddition des comptes sur l’exécution du budget 2020.

3. Sur le volet infrastructures à caractère social,

👉🏻 Hôpitaux, maternités, morgues,
👉🏻 Universités
👉🏻 Écoles maternelles, primaires, secondaires et humanités

Il sied d’emblée de souligner que Kinshasa est certes le miroir de la RDC mais n’est pas la RDC.

Il faut s’informer sur les conditions que vivent les compatriotes dans nos villages, secteurs, territoires pour comprendre la gravité de la situation, interpelle l’avocat.

Pour atteindre un hôpital, parfois il faut parcourir 5, 10, 15, voire 20 Kilomètres. Un parcours de combattant.

A en croire Me Claude Baziluka, depuis l’arrivée de Félix Tshisekedi, très peu de millions ont été consacrés à la construction, la rénovation ou même l’équipement des hôpitaux, des maternités et des morgues dans nos villages, chefferies, secteurs, territoires.

Quid alors de la situation des écoles en général ?

Dans ce domaine, ce sont principalement les catholiques, suivis des protestants et d’autres confessions religieuses qui suppléent à la carrence de l’Etat.

Dans différents villages de la RDC, et même au plateau de Bateke, proche de Kinshasa, certaines écoles sont dépourvues des tableaux, des bancs, des craies…

Combien de millions ont été déjà consacrés pour la construction, la rénovation ou même l’équipement des écoles ? S’interroge-t-il.

Lorsque nous apprenons de la voix du ministre de l’ EPST lui même qu’il a bloqué un paiement de plus de deux millions de dollars juste pour établir des cartes biométriques aux élèves, on peut bien se questionner sérieusement sur les priorités de ce pouvoir.

Combien d’universités sont en cours de construction ? Combien consacre t’on à la recherche, à la formation des nouveaux professeurs d’université ?
Combien de millions ont déjà été pour la construction et l’entretien des routes intérêt national et de desserte agricole ?

C’est pourquoi il préconise toute réforme qui debarasserait la RDC des décisions tjrs pyramidales de l’unitarisme au profit du fédéralisme, ou même du régionalisme, qu’on aura à définir.

En définitive, les différents budgets adoptés comme leur exécution depuis l’avènement du pouvoir actuel ne permettent nullement de dire ‘ le peuple d’abord ‘ ou ‘ le salut du peuple est la loi suppreme ‘ sont vraiment les philosophies qui dictent l’action de ce pouvoir.

En conséquence, en dépit de ses multiples discours, ‘ le peuple d’abord ‘ n’est jusque-là du populisme, affirme ce libre penseur.

“Comme le pouvoir actuel semble prendre à bras le corps la question de la maximisation des recettes, il sera aberrant et inexplicable que l’embellie actuelle ne serve en priorité et majoritairement, comme dans le passé, qu’au traitement de trois premières institutions du pays”, estime Me Claude Baziluka.

Mon souhait est que, dans le cadre du budget qui sera voté pendant la session de septembre 2021, ‘ le peuple d’abord ‘ et ‘ le salut du peuple est la loi suppreme ‘ prennent réellement corps et forme et cessent d’être des slogans creux”, conclut-il.

Le Mandat

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